La pleine lune de tous les halos

article de Didier Jamet
25 FEVRIER 2013

Steve Nilsen éclairant une Lune qui avait bien assez du Soleil pour produire ce magnifique halo à 22°
Steve Nilsen éclairant une Lune qui avait bien assez du Soleil pour produire ce magnifique halo à 22°

Steve Nilsen

Ce soir, c'est la pleine lune de février, et il fait très froid dans l'atmosphère. Des conditions idéales pour voir apparaître et photographier des halos lunaires, un spectacle céleste plus fréquent qu'on pourrait le penser.

Le 19 février dernier, sur les côtes de Kvæfjord, dans le comté de Troms, au nord de la Norvège, le photographe Steve Nilsen était parti pour photographier des aurores boréales. Il parvint bien à capturer quelques-uns de ces fugitifs rideaux de lumière, mais à peine avait-il saisi les premières images que les aurores s'évanouirent rapidement dans la nuit polaire.

Par chance, la Lune était également de la partie et en chemin, sa lumière traversa un très fin nuage, appelé cirrus, qui ne se forme jamais en dessous de 5000 m d'altitude et n'a pas plus de consistance qu'un léger voile. Un magnifique halo lunaire apparut alors aux yeux de Steve qui, un brin cabot, feignit d'être l'organisateur de ce mystère de la nature en braquant une lampe torche dans sa direction.

En fait de mystère de la nature, celui-ci est depuis bien longtemps élucidé. Les halos lunaires, comme les halos solaires d'ailleurs, sont dus aux cristaux de glace très particuliers qui constituent les cirrus. De section hexagonale comme les flocons de neige, ils sont allongés et dévient les rayons lumineux en provenance de la Lune selon un angle minimal de 22°, leur faisant dessiner un cercle parfait autour de notre satellite naturel.

Ce soir, c'est sans doute dans le quart sud-est du pays que les conditions seront les plus propices à l'apparition de ce phénomène, avec des températures froides et un ciel faiblement nuageux.

Pour ceux qui souhaiteraient photographier ce halo, mieux vaut utiliser un objectif grand angle a ssez lumineux, et tester des temps de pose allant de 5 à 15 secondes, d'où l'absolue nécessité de disposer d'un trépied. Dans le cas de l'image de Steve Nilsen qui illustre cet article, il a utilisé un boîtier Canon EOS 5D mark III associé à un objectif Canon 16-35mm f/2.8L II. Le temps de pose était de 14 sec à f/2.8, ISO 320, avec une focale de 16mm.

Sur

le site de notre ami Laurent Laveder, lui-même grand chasseur de halos, vous pourrez également voir

quelques exemples de ce que donnent différents paramètres de prise de vue quand il s'agit de photographier des halos en fonction de la sensibilité de votre boitier et de la luminosité de votre objectif.

Si le temps est trop couvert par chez vous, ne désespérez pas : vous pourrez sans doute quand même voir des halos ce soir, grâce aux images que nos correspondants posteront sur notre groupe Facebook !

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