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Crédit : NASA/JPL

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La trajectoire de 2012 DA 14
L'astéroïde 2012 DA 14 ne passera vraiment pas loin

traduction réalisée par Didier Jamet

publié sur Ciel des Hommes le 30-01-2013

C'est ce qui s'appelle en réchapper de justesse. Le 15 février 2013, un astéroïde d'une cinquantaine de mètres de long passera à 28 000 km de la surface terrestre seulement.

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Astéroïde

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Il n'y a aucun danger de collision, mais ce caillou spatial, désigné 2012 DA 14, retiendra cependant toute l'attention de la NASA.

« C'est un record de proximité » reconnaît Don Yeomans du programme de surveillance des objets géocroiseurs de la NASA. « Depuis qu'une surveillance régulière a commencé dans les années 1990, nous n'avons jamais vu un si gros objet s'approcher si près de la Terre. »

Le voisinage de notre planète est plein d'astéroïdes de toutes tailles et de toutes formes. Cela va de fragments pas plus grands qu'un ballon de foot jusqu'à de véritables montagnes de l'espace mesurant plusieurs kilomètres de diamètre. La plupart de ces objets nous viennent de la ceinture d'astéroïdes, tandis que d'autres sont peut-être les cadavres de comètes depuis longtemps inactives. Le programme de surveillance des objets géocroiseurs de la NASA a pour but de les détecter et de les suivre, tout particulièrement ceux qui passent très près de notre planète.

2012 DA14 est un astéroïde géocroiseur assez commun. Il mesure environ 50m de long dans sa plus grande dimension et est probablement de nature rocheuse. Yeomans estime que des astéroïdes comme celui-ci frôlent la terre en moyenne tous les 40 ans. Et l'un d'eux ne frappe que, là encore en moyenne, tous les 1200 ans. L'impact d'un astéroïde 50 m n'est pas à proprement parler cataclysmique, à moins bien entendu que vous ne vous trouviez en dessous. Yeomans fait remarquer que c'est probablement un objet d'une taille similaire qui a formé le Meteor Crater dans l'Arizona il y a environ 50 000 ans de cela. « Cet astéroïde était constitué de fer » précise-t-il, « ce qui lui a donné un potentiel de destruction particulièrement important. » En 1908, quelque chose sans doute là encore de la taille de 2012 DA14 explosa dans l'atmosphère au-dessus de la Sibérie, aplatissant plusieurs centaines de kilomètres carrés de forêt. Les chercheurs étudient toujours ce qu'ils appellent « l'événement de la Toungouska » à la recherche d'indices sur ce qui a bien pu tomber ce jour-là.

« 2012 DA 14 ne frappera pas la terre » insiste Don Yeomans. « L'orbite de cet astéroïde est suffisamment bien connue pour écarter tout risque d'impact. »

Quoi qu'il en soit, il nous frôlera avec une proximité très intéressante. Tous les radars disponibles de la NASA suivront ce caillou spatial alors qu'il s'approchera beaucoup plus près de la terre que ne sont bon nombre de satellites artificiels.

Don Yeomans précise qu'il passera entre l'orbite basse et l'orbite géostationnaire, où se trouvent les satellites qui nous fournissent les données météo et les services de télécommunications. « Les probabilités d'impact avec un satellite sont extrêmement faibles » affirme-t-il. On ne trouve presque rien en orbite là où DA 14 va passer.

Le radar de Goldstone, dans le désert de Mojave, va suivre 2012 DA 14 tous les jours du 16 au 20 février. Les échos du radar permettront non seulement de préciser l'orbite de l'astéroïde, ceci afin de prédire sa trajectoire future, mais révéleront également ses caractéristiques physiques comme sa taille exacte, sa rotation et sa réflexivité. Un résultat déterminant de la campagne d'observation sera une carte radar en trois dimensions nous révélant cet astéroïde sous toutes ses coutures. Lorsqu'il sera au plus proche de la Terre, cet astéroïde sera aussi brillant qu'une étoile de huitième magnitude. En théorie, cela constitue une cible facile pour les astronomes amateurs. Mais comme le fait remarquer Yeomans, le problème est la vitesse. « Cet astéroïde va véritablement tracer dans le ciel, se déplaçant d'un degré par minute, soit deux fois la taille apparente de la pleine Lune. Ça va être dur à suivre. » Seuls les astronomes amateurs les plus chevronnés y parviendront. Et ceux-là risquent d'éprouver un petit frisson lorsqu'ils regarderont à l'oculaire : ça ne passera vraiment pas loin.


Science @ Nasa - version française

En partenariat avec le Centre Spatial Marshall (MSFC) de la NASA, Cidehom vous propose la version française de Science@Nasa
Science @ Nasa

Crédits & Contacts

Auteur original :
Docteur Tony Phillips
Responsable officiel à la NASA :
Ron Koczor
Producteur - Editeur :
Dr. Tony Phillips
Conservateur :
Bryan Walls
Les sites web Science@NASA bénéficient du soutien du Directoire Scientifique du Centre Spatial Marshall. La mission de Science@Nasa est de faire connaître au public les recherches de la NASA et d'aider les scientifiques de la NASA à honorer leurs obligations de communication.