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Ciel des Hommes

Un avant-goût de maximum solaire

traduction de Didier Jamet

paru le 21 juillet 2012

Prévu pour 2013, le prochain maximum solaire s'accompagnera de plus d'éruptions solaires, plus d'éjections de matière coronale, plus d'orages géomagnétiques et plus d'aurores polaires que nous n'en avons eus depuis un moment. Mais le week-end du 14 juillet 2012 y ressemblait déjà beaucoup.

C'était le milieu de journée en Amérique du Nord, samedi 14 juillet, lorsque une éjection de matière coronale est venue comprimer le champ magnétique terrestre, déclenchant l'activité aurorale la plus soutenue de ces dernières années. Pendant plus de 36 heures, des orages magnétiques ont ourlé les pôles magnétiques terrestres. Les aurores polaires débordaient largement des frontières canadiennes pour être visibles jusqu'en Californie, Colorado, Kansas et Arkansas.

Dans l'hémisphère sud, le ciel devint rouge en Tasmanie et en Nouvelle Zélande sous l'influence des aurores australes en provenance du pôle sud.

La source de tout cela était le groupe géant de taches solaires AR1520, mesurant plus de 15 fois le diamètre terrestre. Le 12 juillet, la boucle de champ magnétique formant cette tache se rompit, produisant une éruption de classe X éjectant des milliards de tonnes de plasma électrifié vers la Terre.

Les satellites STEREO de la NASA et SOHO de l'ESA ont pu observer le départ de l'éjection de matière coronale depuis la surface solaire. En utilisant ces données, les prévisionnistes de la NASA et du NOAA ont pu prédire avec succès l'heure d'arrivée du nuage. Cela lui a pris presque 48 heures pour parcourir les 150 millions de km qui séparent le Soleil de la Terre.

L'impact de ce nuage de particules a fortement comprimé la magnétosphère terrestre, exposant même brièvement les satellites géostationnaires au vent solaire. Cette secousse sur les lignes du champ magnétique a très légèrement infléchi les aiguilles des boussoles et induit des courants électriques dans le sol des régions de haute latitude. Fort heureusement, cet orage magnétique n'a fait aucun dégât : pas un seul satellite n'a été perdu, et les réseaux électriques ont tenu bon.

Le spectacle lumineux a lui aussi été à la hauteur. Les régions polaires se sont allumées comme un sapin de Noël. Des aurores rouges, vertes, bleues et même pourpres ont encapuchonné les deux extrémités de la planète, et sont descendues à des latitudes où on ne les voit guère habituellement. En Arkansas par exemple, mais aussi au Colorado et dans le Wisconsin.

Au pôle sud, la chose est plus fréquente mais reste spectaculaire.

Et c'était juste un avant-goût de ce qui nous attend !

 

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Version française de Science@NASA
Auteur original : Docteur Tony Phillips
Crédit : NASA Science

Aurores sur le pôle sud
Crédit : Robert Schwartz

 

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Aurores polaires

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