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Crédit : Science@Nasa

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Capture du passage du bolide du 13 février au-dessus de Portal, Géorgie
Le retour des mythiques bolides de février

traduction réalisée par Didier Jamet

publié sur Ciel des Hommes le 26-02-2012

Le 13 février 2012, au beau milieu de la nuit, quelque chose a perturbé la quiétude de Portal, dans le sud-est des Etats-Unis, en Géorgie. Le retour des mystérieux bolides de février ?

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Astéroïde

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Espace

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Cette nuit là, les vaches se sont mises à beugler anxieusement, et les chiens à hurler à la mort. La cause de toute cette agitation était à n'en pas douter un gros caillou en provenance de l'espace : « À 1h43 du matin, j'ai été témoin d'un extraordinaire bolide » rapporte Henry Strickland, un habitant de Portal. « Il était vraiment grand et a illuminé la moitié du ciel en se fragmentant. C'est ce qui a fait aboyer les chiens et inquiété le bétail. Je regrette de ne pas avoir eu d'appareil photo, car ça a duré pas loin de 6 secondes. »

Henry Strickland a été témoin d'un de ces mystérieux bolides de février.

« Ce mois-ci, des cailloux spatiaux de beau gabarit ont frappé l'atmosphère terrestre » confirme Bill Cooke de la NASA. « On en a recensé 5 ou 6 qui ont pu donner naissance à des météorites. »

Ce n'est pas tant le nombre de ces bolides qui intrigue les chercheurs, tout à fait dans la moyenne mensuelle, mais bien plutôt leur apparence et leur trajectoire.

« Ils sont particulièrement lents et pénétrants » poursuit Peter Brown, professeur de physique à l'université d'Ontario Occidental : « ils frappent le sommet de l'atmosphère à une vitesse ne dépassant pas les 15 kilomètres par seconde, ralentissent rapidement, et restent brillants jusqu'à 50 km au dessus de la surface terrestre. »

Tout a commencé dès les premières heures de la nuit du 1er février, lorsqu'un bolide a fait son entrée au dessus de la région de Dallas-Fort Worth et a pu être observé par des centaines de personnes.

« Il était plus brillant et long que tous les bolides que j'ai pu observer jusqu'à présent » témoigne ainsi Daryn Morran. « il a mis environ 8 secondes à traverser le ciel. Je l'ai vu commencer à ralentir, puis exploser en plusieurs branches comme un feu d'artifice avant de s'éteindre. » Un autre témoin de Coppell, dans le Texas, fait lui état d'un double bang tandis que l'objet se séparait en deux parties principales suivies de nombreuses autres plus petites.

Il se trouve que ce bolide a été suffisamment brillant pour être capturé par les caméras de la NASA situées au Nouveau Mexique, à plus de 800 km de là. « Il était à peu près aussi brillant que la pleine Lune » confirme Cooke, qui estime la taille de l'objet initial entre 1 et 2 mètres.

Au 22 février, le réseau de suivi de bolides de la Nasa a enregistré une demi-douzaine de brillants météores appartenant à cette étrange catégorie. La taille des objets impacteurs allait du ballon de foot au minibus, mais tous avaient la même basse vitesse et la même faculté à pénétrer profondément dans l'atmosphère. Cooke a analysé leurs orbites et en est parvenu à une surprenante conclusion : « Toute cette grêle nous arrive de la ceinture d'astéroïdes. Mais pas depuis un point unique, ce qui est pour le moins curieux. »

Ce n'est pas la première fois qu'on signale ainsi d'étranges bolides en février. Dans le petit monde des spécialistes des météores, ils sont même mythiques comme l'explique Brown : « Au cours des années 1960 et 1970, des astronomes amateurs ont noté une augmentation du nombre de brillants bolides qui présentaient les mêmes caractéristiques qu'aujourd'hui. Les nombres étaient significatifs, surtout si on tient compte du fait que peu de gens passent la nuit dehors l'hiver. Puis des études ultérieures menées à la fin des années 1980 ont semblé au contraire indiquer qu'il n'y avait guère plus de bolides en février qu'à d'autres périodes de l'année. Cependant on a toujours eu des doutes. »

Et de fait, une étude de 1990 de l'astronome Ian Holliday suggère qu'il y a bien quelque chose. Il a analysé les photos d'environ un millier de bolides des années 70 et 80, et trouvé des indices d'un courant de météorides coupant l'orbite terrestre en février. Il a également trouvé des signes de courants similaires à la fin de l'été et en automne. Mais ces résultats restent cependant controversés, Halliday ayant lui-même reconnu de grandes incertitudes statistiques dans ses travaux.

Le réseau de suivi de météores de la NASA, en extension continue, apportera peut-être la solution à ce mystère. Cooke et ses collègues implantent régulièrement de nouvelles caméras. « Ce qu'il y a de bien avec notre réseau intelligent de caméras, c'est qu'il détermine presque instantanément les orbites des objets considérés. Lorsqu'une rafale de bolides s'abat sur la Terre, nous le savons très rapidement, et pouvons déterminer d'où elle vient. » Obtenir ce genre de données en temps réel est à peu près inédit, et promet d'apporter de nouveaux indices sur l'origine de ces bolides de février.

D'ailleurs, le mois n'est pas encore tout à fait terminé. Alors si au cours des nuits prochaines vous entendez le bétail s'agiter et les chiens aboyer, n'hésitez pas à mette le nez dehors. On ne sait jamais...


Science @ Nasa - version française

En partenariat avec le Centre Spatial Marshall (MSFC) de la NASA, Cidehom vous propose la version française de Science@Nasa
Science @ Nasa

Crédits & Contacts

Auteur original :
Docteur Tony Phillips
Responsable officiel à la NASA :
Ron Koczor
Producteur - Editeur :
Dr. Tony Phillips
Conservateur :
Bryan Walls
Les sites web Science@NASA bénéficient du soutien du Directoire Scientifique du Centre Spatial Marshall. La mission de Science@Nasa est de faire connaître au public les recherches de la NASA et d'aider les scientifiques de la NASA à honorer leurs obligations de communication.