Donc, la première chose qu’un micro trou noir ferait, ce serait de quitter précipitamment notre planète. Mais il y a cependant d’autres raisons, plus puissantes encore, pour lesquelles les scientifiques pensent que le LHC ne représente aucune menace pour la Terre. Et la plus forte, c’est que tout trou noir éventuellement formé dans le LHC s’évaporerait à peu près certainement avant qu’il ait le temps d’aller bien loin.
Stephen Hawking, le physicien auteur du célèbre ouvrage une brève histoire du temps, a prédit que les trous noirs devaient rayonner de l’énergie, un phénomène justement appelé rayonnement d’Hawking. Du fait de cette perte continue d’énergie, les trous noirs finiraient par s’évaporer. Et plus le trou noir serait petit, plus le rayonnement d’Hawking serait fort, plus il s’évaporerait rapidement. Moyennant quoi un trou noir mille fois plus petit qu’un proton devrait s’évanouir quasi instantanément.
« La prévision d’Hawking ne s’appuie pas sur la très spéculative théorie des cordes, mais sur les principes aujourd’hui solidement éprouvés de la mécanique quantique et de la physique des particules » insiste Johnson.
En dépit de ses solides bases théoriques, le rayonnement d’Hawking n’a jamais été observé directement. Cependant les scientifiques sont confiants dans le fait que tout trou noir qui se formerait dans le LHC ne poserait strictement aucun danger pour la planète. Comment peuvent-ils en être si sûrs ? À cause des rayons cosmiques.
Plusieurs milliers de fois par jours, des rayons cosmiques de haute énergie frappent l’atmosphère terrestre, entrant en collision avec les molécules de l’air avec une énergie au moins 20 fois supérieure à la plus puissante des collisions qui seront jamais reproduites au sein du LHC. Alors si ce nouvel accélérateur avait le pouvoir d’engendrer des trous noirs susceptibles d’engloutir la Terre, il y a déjà bien longtemps que les rayons cosmiques l’auraient devancé, et nous ne serions pas là pour en parler aujourd’hui.
Mince, nous sommes toujours de ce monde… Alors que les collisions commencent !
Quelques liens pour approfondir le sujet
Voici ce qui ne s’est pas passé le 10 septembre 2008. Lorsqu’ils ont mis sous tension le plus grand et le plus puissant des collisionneurs de particules du monde près de Genève, en Suisse, les scientifiques du CERN n’ont pas déclenché la formation d’un mini trou noir. Et ce trou noir n’a pas commencé à aspirer rapidement tout ce qui l’environnait, de plus en plus vite, jusqu’à ce qu’il finisse par engloutir toute la planète. Et voici pourquoi.
Premièrement, oui, c’est vrai, le LHC a théoriquement le potentiel de créer des trous noirs microscopiques. Mais il n’aurait jamais pu en créer lors de sa mise en service, car les physiciens du CERN n’ont pas encore lancé de faisceaux de protons l’un contre l’autre pour créer des collisions de haute énergie.
Beaucoup de physiciens commencent cependant à douter de la véracité de la théorie de cordes. Mais admettons qu’elle soit juste. Que se passerait-il si un trou noir se formait dans l’enceinte du LHC ? La réponse, paradoxale, est celle-ci : pas grand-chose.
Donc, la première chose qu’un micro trou noir ferait, ce serait de quitter précipitamment notre planète. Mais il y a cependant d’autres raisons, plus puissantes encore, pour lesquelles les scientifiques pensent que le LHC ne représente aucune menace pour la Terre. Et la plus forte, c’est que tout trou noir éventuellement formé dans le LHC s’évaporerait à peu près certainement avant qu’il ait le temps d’aller bien loin.
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Selon le physicien Stephen Hawking, les micros trous noirs s'évaporeraient très peu de temps après leur formation
Crédit : Sabine Hossenfelder