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Ciel des Hommes

Ne manquez pas Mercure !

traduction de Didier Jamet

paru le 22 février 2006

L’éclat du Soleil nous l’avait ravie, la voici de retour pour une semaine de représentations exceptionnelles. De qui s’agit-il ? De Mercure, bien sûr !

Ce n’est généralement pas tous les jours que l’on peut voir une planète en train de rapetisser. Cette semaine, si. Mettez le nez dehors au coucher du soleil et regardez en direction de l’ouest, vers les dernières lueurs du Soleil couchant. Tandis que le ciel s’obscurcit peu à peu, vous verrez bientôt apparaître un brillant point lumineux. C’est Mercure, la première planète en partant du Soleil, que certains appellent aussi " l’incroyable planète en train de rapetisser ".

" C’est seulement la deuxième fois de ma vie que je vois Mercure " confesse l’amoureux du ciel Jeffrey Beall, qui a pris cette image depuis son balcon de Denver, dans le Colorado. Mercure est la brillante " étoile ", juste au-dessus de la chaîne montagneuse ; rivalisant avec les lumières de la ville.

Mercure se fait rare car elle passe le plus clair de son temps dans l’aveuglant éclat du Soleil. Mais cette semaine nous avons de la chance. D’aujourd’hui jusqu’au 1er mars environ, Mercure parvient à s’ éloigner suffisamment du Soleil pour que nous puissions l’admirer alors que l’astre du jour vient de se coucher.

Le 24 février sera certainement le meilleur jour pour l’admirer. Ce jour correspond à la date de plus grande élongation de Mercure, soit son plus grand éloignement apparent du Soleil. Les autres dates marquantes seront le 28 février et le 1er Mars , alors que la Lune viendra souligner la scène d’un délicat croissant. De toute beauté.

Un monde très étrange

Lorsque vous verrez l’éclat de Mercure percer les lueurs du crépuscule, dites-vous bien que vous êtes en train d’observer un monde très étrange.

En 1974, la sonde spatiale Mariner 10 survola Mercure et, pour la première fois, nous fournit des images rapprochées de la planète. Elles révélèrent un monde densément peuplé de cratères, et aussi étrangement plissé. Les planétologues les baptisèrent " escarpements lobés " et, comme des rides sur un grain de raisin, les interprétèrent comme un signe de ratatinement de la planète. Bon, mais qu’est-ce qui pourrait bien amener une planète à se ratatiner ? Une possibilité :le noyau ferreux surdimensionné de Mercure se refroidirait depuis des milliards d’années, et sa contraction entraînerait le plissement de la croûte superficielle. En réalité, ce n’est qu’une supposition, et personne n’est vraiment certain qu’il s’agit de la bonne explication.

Il faut dire que Mercure a jusqu’ici reçu bien peu d’attention de notre part. Une seule de nos sondes spatiales lui a rendu visite, et encore en coup de vent. Si Mariner 10 est bien parvenue à photographier 45 % de la surface de Mercure, le reste est une Terra Ingognita totale.

Une saison polaire en enfer

Autre énigme de Mercure, ce qui se trouve au niveau de ses pôles. Des radio astronomes ont reçu des ces régions des échos radar extrêmement lumineux. Personne ne sait là non plus avec certitude de quoi il s’agit, mais puisque nous sommes aux pôles, certains vont jusqu’à imaginer la présence de glace d’eau sur Mercure. L’eau gelée est en effet un excellent réflecteur d’ondes radar. Evidemment, il y a un problème avec cette hypothèse qui avait le mérite d’être simple : comment expliquer la présence de glace d’eau sur une planète très proche du Soleil dont la température dépasse par endroits les 425 ° C ! Et pourtant, au fond de profonds cratères, il se pourrait que le Soleil ne parvienne jamais à déloger ces " glaces éternelles ". Admettons. Mais alors comment la glace serait-elle parvenue jusqu’aux pôles, puisqu’il n’y a pas d’atmosphère sur Mercure ? Ici, il faut imaginer que des comètes aient pu jouer le rôle de porteuses d’eau.

Mais ce pourrait aussi être quelque chose de totalement différent.

N’oublions pas : on ne sait absolument pas à quoi ressemble plus de la moitié de Mercure. Est-elle réellement en train de se ratatiner ? La glace peut-elle se maintenir dans un tel enfer ? En fait, Mercure nous pose beaucoup d’énigmes. Une sonde de la Nasa, Messenger, est partie en 2005 pour tenter d’y répondre. Mais Messenger n’atteindra pas Mercure avant 2011.

Aussi pour le moment, on ne peut encore qu’observer Mercure de loin, et se perdre en conjectures… N’oubliez pas d’en prendre votre part.

 

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Version française de Science@NASA
Auteur original : Docteur Tony Phillips
Crédit : NASA Science

Mercure au-dessus d'une chaîne montagneuse le 13 février 2006
Crédit : Jeffrey Beall

 

Discovery Rupes, un escarpement lobé sur Mercure
Crédit : Nasa

 

Image radar du pôle nord de Mercure obtenue grâce au radiotélescope d'Arecibo. Les reflets blancs au fond des cratères correspondent peut-être à des dépôts de glace d'eau
Crédit : Nasa/Naic

 

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